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La dernière personne mise en cause dans l’affaire de la rixe à Pargny-sur-Saulx, le 18 janvier 2025, a été jugée ce lundi 31 mars 2025 par le tribunal de Châlons-en-Champagne. Le prévenu a été condamné à quatre mois de prison et une révocation de son sursis.
Cette affaire est comparable à une mini-série Netflix avec un faible budget, et un scénario moribond.
Épisode 1
Le 17 janvier 2025, deux groupes de jeunes, l’un de Vitry-le-François l’autre de Pargny-sur-Saulx, se retrouvent au VIP, une boîte de nuit de Bar-le-Duc. À l’intérieur, les esprits s’échauffent mais c’est sur le parking de l’établissement que la violence explose, les coups pleuvent et les protagonistes sont dispersés à l’aide d’une bombe lacrymogène. Personne ne veut voir la suite mais malheureusement, les acteurs ne veulent pas en rester là.
Épisode 2
Dès le lendemain matin, le 18 janvier 2025, le groupe des Vitryats part en direction de Pargny-sur-Saulx pour s’expliquer avec le groupe rival. Un premier déplacement matinal à Pargny qui se montre infructueux. En revanche, vers 18 heures, la nouvelle expédition des Vitryats les conduira à l’un des membres de la bande pargnysienne. L’homme est passé à tabac et présente d’importantes blessures à la suite de ce déferlement de violences. Des investigations sont réalisées par la gendarmerie de Vitry-le-François et permettent de remonter jusqu’à la bande vitryate.
« J’étais retourné chez mes parents pour une fête religieuse et ma mère m’a informé que la gendarmerie me cherchait. J’y suis allé car je ne savais pas ce qu’elle me voulait »
Le prévenu
Épisode 3
Le 20 mars 2025, six personnes comparaissent donc devant le tribunal de Châlons-en-Champagne. Sur les six mis en cause, quatre d’entre eux sont relaxés. Les deux autres, ayant reconnu avoir porté des coups, ont été condamnés à 18 mois de prison avec un sursis simple pour la peine principale. Cet épisode aurait pu marquer la fin de la série. Mais la gendarmerie avait émis un mandat de recherche à l’encontre d’un autre mis en cause. Et, rebondissement, le 27 mars 2025, l’individu en question, Abdelaziz Baassini, se présente à la gendarmerie de Vitry-le-François, lui qui vit en région parisienne et travaille dans l’entreprise d’un de ses cousins.
Épisode 4
« J’étais retourné chez mes parents pour une fête religieuse et ma mère m’a dit que la gendarmerie me cherchait. J’y suis allé car je ne savais pas ce qu’elle me voulait », confie le prévenu à la barre du tribunal de Châlons ce lundi 31 mars 2025. Le jeune homme de 21 ans était jugé pour violence aggravée par deux circonstances (avec préméditation et commise en réunion). Pourtant, il l’assure du début à la fin de l’audience sans sourciller. « Je n’ai rien à voir avec ce qui m’est reproché. Je ne suis pas allé à Pargny », insiste-t-il, confirmant tout de même sa présence la veille dans la boîte de nuit mais niant son implication dans les bagarres.
À qui appartient le téléphone ?
Selon les enquêteurs, le téléphone du cadet de la fratrie Baassini a borné aux différents lieux de cette « expédition punitive » notamment à 18 heures à Pargny-sur-Saulx. Mais la question de l’appartenance de cette ligne est au cœur des débats. « Ce numéro ne m’appartient plus depuis six mois. La ligne est à l’un de mes frères et il l’a récupéré », assure Abdelaziz Baassini. « La ligne existe depuis 2018, elle était active au moment des faits, rétorque la représentante du ministère public. Ce numéro est celui qu’a indiqué Monsieur dans d’autres procédures en 2022. » « Les gendarmes lui attribuent le numéro mais aucune exploitation n’a été réalisée pour prouver que c’est bien lui l’utilisateur de cette ligne », répond Me De la Roche, l’avocat du prévenu.
Selon le mis en cause, la ligne aurait pu être récupérée par l’un de ses deux frères. Une ligne qui a été désactivée juste après que les gendarmes tentent de le contacter via ce numéro. Hormis le téléphone, la victime, dans ses auditions, l’a identifié, à plusieurs reprises, comme l’auteur des coups. « Il m’a peut-être confondu avec quelqu’un qui me ressemble ou un de mes frères », avance Abdelaziz Baassini. « Un témoin dit que Monsieur n’était pas présent dans la voiture à Pargny. Vous ne pouvez pas exclure que ce soit l’un des frères qui soit responsable », lance Me De la Roche.
Plusieurs témoignages, durant l’enquête, viennent corroborer la version de la victime ainsi que confirmer l’implication du prévenu dans cette scène de violence à Pargny-sur-Saulx. Maintenant, quel est le dénouement de cette histoire ? Abdelaziz Baassini a été condamné à quatre mois d’emprisonnement avec une révocation de son sursis de six mois. Il sera convoqué prochainement par le juge d’application des peines pour déterminer un potentiel aménagement de peine. Le jeune homme a également interdiction de contacter et de paraître au domicile de la victime pendant trois ans.

