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Des deux côtés, il y eut cependant des violences car la veille, lors d’un précédent tapage, le père de famille avait gazé le groupe. Les retrouvailles du lendemain ne pouvaient que dégénérer.
Il se plaignait du tapage, s’inquiétait du sommeil de ses enfants, a demandé le calme et s’est pris deux coups de couteau mais ce sont d’abord eux qui ont été agressés, répondent quatre jeunes du quartier Wilson jugés ce vendredi 20 février par le tribunal correctionnel de Reims pour des violences perpétrées le 4 janvier 2026 au bas d’un immeuble de la rue Desbureaux, quartier Neufchâtel.
Le conflit s’est noué la veille, le samedi 3 janvier vers 1 heure du matin. Selon la victime, père de deux enfants en bas âge, les nuisances perduraient depuis « un mois », occasionnées par des garçons qui venaient chez deux demoiselles du rez-de-chaussée. Cette nuit du 3 janvier, il n’en peut plus des cris sur le parking.
« J’étais à la fenêtre. J’ai demandé du calme, le tapage a été dix fois plus fort », témoigne le plaignant à la barre. « Je suis descendu pour redemander le calme. J’avais pris une bombe lacrymogène pour me défendre. L’un des jeunes est venu. Il m’a poursuivi dans le hall, les trois autres ont suivi. J’ai gazé tout le monde. Je suis remonté chez moi. Ils ont jeté des cailloux à la fenêtre. Au bout d’un moment, ils sont partis. »
Interrogés, les prévenus affirment s’être calmés à la première remontrance, avec des excuses, mais l’homme serait descendu pour les gazer gratuitement.
Tentative de « médiation » avec le beau-frère
« J’étais à saturation. Il fallait trouver une solution [pour faire cesser les nuisances] », explique le père de famille. C’est pourquoi le lendemain, via les demoiselles du rez-de-chaussée, il demande aux jeunes de revenir pour « une médiation ». « Mon beau-frère m’a dit que des amis à lui les connaissaient. Je pensais qu’on allait pouvoir discuter pour mettre fin à cette affaire. »
Dans la penderie de la chambre parentale, un fusil de chasse et ses cartouches. Dans la cuisine enfin, 46 g d’herbe de cannabis dans un shaker et dans la hotte aspirante, 25 g de résine de cannabis ainsi que 641 g d’héroïne. Soit un butin dont la valeur a été estimée à 19 000 euros.
« Je vois le jumeau qui me vise avec le couteau. Il était dément. Je pensais que j’allais mourir. »Le père de famille
Ce dimanche 4 janvier vers 23 heures, les jeunes arrivent avec des renforts, « à trois ou quatre voitures », assure le père de famille, lui-même accompagné de cinq personnes (non identifiées). Et très vite, ça dégénère. Il raconte.
«Penalty en pleine face»
« Ils sont une quinzaine. Je commence à courir pour m’enfuir. Je reçois des coups partout. Un des frères jumeaux a un couteau. Il me met un coup. Je ne sens rien mais j’ai mon bras qui perd de plus en plus de force. Je tombe dans les buissons. Je reçois des coups de poing, un penalty en pleine face [NDLR : coup de pied]. Je vois le jumeau qui me vise avec le couteau. Il était dément. On voyait dans ses yeux que ça l’énervait que je me débatte avec les jambes. Il m’a planté près du genou. Je pensais que j’allais mourir. »
À cet instant, l’homme simule une détresse vitale : «Je ne respire plus ! Vous avez dû toucher le cœur ou les poumons !». La bande se replie pendant qu’une détonation se fait entendre. Tirée par qui ? La victime qui avait une arme à feu, assurent les prévenus, ce qui aurait motivé le deuxième coup de couteau à la jambe pour se protéger d’un éventuel tir.
Et le premier, au bras ? « Il a sorti une lampe taser. C’était pour le désarmer. »

